
Une huile essentielle est un liquide volatil et concentré, extrait d'une partie d'une plante : fleurs, feuilles, racines, écorces, zestes. Elle contient des composés aromatiques qui lui donnent son odeur caractéristique.
Les huiles essentielles ne constituent pas un traitement et leur usage appelle des précautions. En cas de symptôme, l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien s'impose.
La distillation à la vapeur d'eau est la méthode principale : la vapeur traverse la matière végétale, entraîne les composés volatils, puis se condense. On sépare alors l'huile essentielle de l'eau, cette dernière, chargée en traces aromatiques, constitue l'hydrolat.
L'expression à froid est réservée aux agrumes : le zeste est pressé mécaniquement. C'est ce qui explique que les essences d'agrumes contiennent des molécules photosensibilisantes, absentes des huiles distillées.
L'extraction par solvant, enfin, sert pour les fleurs fragiles comme le jasmin, et donne une absolue, produit distinct d'une huile essentielle au sens strict.
Les rendements donnent la mesure de la concentration : il faut des dizaines de kilos de plante pour un litre d'huile dans bien des cas, et bien davantage pour certaines fleurs. Une goutte représente donc une quantité de matière végétale considérable, c'est la raison première des précautions qui suivent.
La diffusion atmosphérique parfume et assainit une pièce, par séances courtes de 10 à 20 minutes, dans un local ventilé, jamais en présence continue d'un nourrisson, d'un jeune enfant, d'une personne asthmatique ou d'un animal, les chats, en particulier, métabolisent mal ces composés.
L'application cutanée se fait toujours diluée dans une huile végétale, à des concentrations faibles, et jamais sur les muqueuses, le contour des yeux ni une peau lésée. Un test au pli du coude, 24 heures avant, permet de repérer une réaction.
Les usages ménagers et cosmétiques, parfumer une lessive, une huile de massage, un produit d'entretien, sont les moins risqués, à condition de respecter les mêmes dilutions.
« Naturel » ne signifie pas « sans danger ». Ces produits sont des mélanges chimiques concentrés, et les cas d'intoxication recensés par les centres antipoison français concernent chaque année plusieurs milliers de personnes, principalement des enfants.
L'ingestion accidentelle est la première cause. Les flacons se rangent hors de portée, avec bouchon de sécurité, et jamais dans une cuisine à côté des huiles alimentaires.
Plusieurs familles présentent des risques spécifiques et documentés. Les huiles riches en cétones, sauge officinale, menthe poivrée à forte dose, eucalyptus à cinéole chez le jeune enfant, sont neurotoxiques et abortives. Les huiles riches en phénols (origan, thym à thymol, girofle) sont irritantes et hépatotoxiques à dose élevée. Les essences d'agrumes appliquées sur la peau provoquent des brûlures en cas d'exposition solaire.
La grossesse et l'allaitement, sauf avis médical explicite. Les enfants, avec des restrictions strictes selon l'âge, l'usage chez le nourrisson est à proscrire hors indication professionnelle. Les personnes épileptiques, pour lesquelles plusieurs huiles sont formellement déconseillées. Les personnes asthmatiques, pour la diffusion. Et toute personne suivant un traitement, en raison d'interactions possibles.
En cas d'ingestion ou de projection oculaire, le centre antipoison régional est joignable et donne la conduite à tenir.
Quatre mentions doivent figurer : le nom botanique latin complet, l'organe producteur, l'origine géographique, et le chémotype lorsqu'il existe, une même espèce peut produire des compositions très différentes selon son lieu de croissance. Un flacon qui n'indique que « huile essentielle de lavande » ne dit presque rien.
S'y ajoutent un flacon en verre teinté, une conservation à l'abri de la lumière et de la chaleur, et une date limite d'utilisation. Les essences d'agrumes s'oxydent vite et deviennent plus irritantes avec le temps.